La seconde : une gageure !

La langue française a plus d’un tour dans son sac pour vous chatouiller les nerfs. Or, après l’orthographe de quelques homophones et la grammaire dans tout plein de cas, c’est la prononciation qui vous attaque et vous en veut personnellement !

Au CP, vous aviez docilement appris à lire vos « c » et vos « g » mais vous tiriez déjà un peu la lanGUe pour mémoriser toutes les prononCIations différentes, commenÇAnt ainsi à COmprendre que, de faÇOn GÉnérale, vous ne seriez jamais éparGNé par ces rèGLes qui comportent CHaCUne tant d’exceptions et vous proCUraient de subites démanGEAisons alors que vous mettiez tout en œuvre pour aCCéder à une parfaite maitrise de la lecture de vos J’aime lire (et en particulier des Tomtom et Nana) ! Vous en êtes finalement venu à bout mais un jour (d’hiver pluvieux sans doute) vous êtes resté paralysé devant le mot :

SECONDE. Et vous en avez terriblement voulu à votre maîtresse ou maître de CP. Oubliez ces vieilles rancœurs en apprenant que ce terme venu du latin secundus a connu, comme c’est souvent le cas, une évolution lente et sinueuse. Pendant longtemps, le provençal s’est distingué des autres langues françaises naissantes en écrivant « segont » ou « segond », à la façon de l’espagnol qui aboutira à segunda. Après des siècles, l’histoire se termine par un bel exemple de consensus puisque si l’orthographe latine a été conservée, c’est une prononciation régionale que l’on a adoptée. J’espère que vous êtes rasséréné même si je sais que se réconcilier tout à fait avec ces bizarreries reste une réelle

GAGEURE. Inutile de vous en prendre à vos anciens instituteurs car je doute qu’aucun ne vous ait appris ce mot, qui respecte par ailleurs à la lettre les règles qu’ils vous ont enseignées. Démonstration expresse : souvenez-vous de nos petites recettes pour concocter des mots, qui nous avaient appris notamment à dériver à partir d’un radical. La cuisine est exactement la même ici : on prend comme radical le mot « gage » qui signifie caution, garantie et on lui ajoute les préfixes qu’on veut. On peut ainsi former le verbe « gager », c’est-à-dire déposer un bien en caution puis parier de l’argent ou mettre en jeu son opinion. De la même manière, on peut utiliser le suffixe –ure, souvent employé pour les actions ou les résultats de celles-ci (investiture, gelure, fracture…). On fabrique ainsi notre « gageure », projet plutôt hasardeux sur lequel on ne mise pas grand-chose. Quoi de plus logique alors que de prononcer comme il se doit ce suffixe -ure, le « e » n’étant ici qu’un intermédiaire qui permet de conserver le son initial du « g » ? Les démanGEAIsons réapparaissent ? Je gage que ce n’est que passager.

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