Tout un article pour tout comprendre sur tout

Introduction minimale car je ne vous cache pas que le programme est chargé. Organisons-nous un peu et tout deviendra limpide. Allez, si vous êtes tous d’accord, on y va !

On commence par un bon basique : en ce qui concerne le genre (masculin/féminin) et le nombre (singulier/pluriel) dans les groupes nominaux, il y a généralement une logique grammaticale et/ou sémantique. Quand vous regardez une (trop longue) vidéo avec des petits chatons mignons sur internet, vous avez probablement un air ahuri pendant quelques minutes. En italique, les mots qui vont logiquement ensemble et qui possèdent en gros les mêmes marques de genre (des « e » partout pour le féminin) et nombre (des « s » partout pour le pluriel). Ça semble évident et c’est tant mieux car en appliquant cela au mot « tout », on aura déjà effectué une bonne partie du travail !

Quand le mot « tout » accompagne un nom (en tant que déterminant ou adjectif), des indices permettent souvent de repérer facilement le genre et le nombre du groupe auquel il appartient et en conséquence les siens. Tous mes exemples ne sont pas toujours folichons car je n’ai pas le courage de passer toute la journée à me casser la tête. C’est fastoche quand même ! Je vois « mes » et zou, j’ajoute un « s », je repère « la » et bam, je mets un « e ».

Mais il faut être honnête, c’est parfois plus compliqué, quand « tout » est le seul mot accompagnant le nom. Toute situation de la sorte n’est pas forcément un casse-tête mais, en tout cas, il faut réfléchir davantage pour déterminer le genre et le nombre. L’astuce, c’est de comprendre que, si « tout » est employé seul, il y a des raisons : on aurait tort de penser que « toute situation » et « toutes les situations » ont des sens équivalents. Le premier cas signifie plutôt « n’importe quelle / chaque situation » et correspond donc à un singulier. Pareil pour le deuxième exemple : « en tout cas » n’est pas l’exact équivalent de « dans tous les cas ».

Quand le mot « tout » remplace un nom (en tant que pronom) pour désigner une globalité ou un groupe complet de plusieurs individus, il prend logiquement les marques du genre et du nombre déterminées par le sens de la phrase. C’est parti pour un exemple du genre vieille grammaire, un tantinet actualisée : Les filles ont joué au foot dans la cour, toutes se sont dépassées pour gagner. Les garçons ont hésité à se joindre à elles mais tous ont été finalement impressionnés. Au final, tout s’est bien passé pour tous.

Quand le mot « tout » accompagne autre chose qu’un nom (en tant qu’adverbe), il exprime un degré d’intensité et a plus ou moins pour signification « complètement ». Dans ce cas, il est (censé être) invariable. Vous venez d’ingérer tout plein d’informations, vous êtes tout contents et pensez déjà, avec un air tout heureux, envoyer des mails interminables avec des dizaines de lignes toutes belles et sans faute. Chaque « tout » accompagne bien ici autre chose qu’un nom, dans l’ordre : l’adverbe « plein », les adjectifs « contents », « heureux » et « belles ». A priori, il n’y a pas d’accord. Mais on a pu repérer la très vilaine exception « toutes belles ». Il s’agit d’une analogie phonétique pas si inattendue malgré tout : habitués que nous sommes à la logique de genre, ça nous rassure d’entendre le féminin quand l’adjectif accolé l’est aussi. Elle est très tradi finalement cette exception. Mais pour tous ceux qui aiment les défis, il y a mieux ! On oublie les marques écrites du féminin quand la liaison suffit à créer l’illusion à l’oreille. Je sens que la panique vous pousse à ranger vos plumes tout excitées mais gardez confiance et lancez-vous, concentration tout aiguisée !

Quand le mot « tout » est lui-même un nom, il se comporte tout à fait normalement, même si ça peut parfois sembler étrange… mais toutes ces explications forment, je l’espère, des touts suffisamment cohérents pour que vous y compreniez quelque chose.

Voilà, c’est fini ! Et désormais, tout le monde m’en veut et pense que tout était bien plus simple avant que je décide de parler de toutes ces possibilités qui, de toute façon, n’intéressent personne ! Pensez donc à mes pauvres élèves qui subiront toute une évaluation sur le sujet… Tiens, pour contribuer à l’amélioration du climat scolaire, je vais peut-être balancer cette image sur le tableau numérique pendant le contrôle !Toutouyoutou

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