Musée Marmottan Monet, une découverte

Encore un magnifique article que j’ai commandé avec malice et qu’on m’offre avec gentillesse en toute simplicité! Trop cool les contributeurs! Et cette fois, thanks to my sister Delfine, vous allez vous en mettre plein les mirettes !

Bienvenue au musée Marmottan Monet, et, plus précisément, bienvenue à l’exposition Les Impressionnistes en Privé. Découverte totale, puisque c’était la première fois que je mettais les pieds dans ce musée. Et une semaine plus tard, je me demande encore comment il a été possible que je n’y sois pas allée avant.

Cette expo est là grâce à de généreux collectionneurs qui nous permettent d’en avoir plein les yeux pendant plus de deux heures. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je peux vous dire qui était convié : Renoir, Manet, Boudin, Sisley, Corot, Morisot… Dois-je continuer ? Mais, à mes yeux, c’est Claude Monet qui avait la vedette. Sans objectivité aucune (mais peut-on parler d’objectivité en matière d’art ? C’est le sujet du bac de philo 2014).

Le saviez-vous ? Claude Monet était en fait un caricaturiste qui faisait fureur au Havre, alors qu’il n’avait que quinze ans. C’est là-bas qu’Eugène Boudin l’a remarqué puis pris sous son aile pour en faire son élève – d’ailleurs, sous les petites caricatures que l’on aperçoit rue Louis Boilly, on peut lire « Si je suis devenu un peintre, c’est à Eugène Boudin que je le dois. ». Nous aussi, on peut lui dire merci.

Ensuite, on se promène de tableau en tableau, de champ en champ, de rivière en rivière. Monet se perd au milieu de cent tableaux, mais ce que je ne savais pas, c’est que s’il y a une grande partie du musée consacrée de manière permanente à Berthe Morisot, il y en a aussi une dédiée (de manière tout aussi permanente) aux oeuvres de Claude Monet. Imaginez donc ma surprise lorsque je pensais l’exposition terminée et qu’un grand escalier m’a menée directement face à Impression Soleil Levant. Là, il y a trois grandes pièces ouvertes les unes sur les autres où l’on se perd facilement dans la contemplation de la nature. On nage au gré des Nymphéas, ceux qu’on connaît bien, ceux qu’on connaît moins, et encore d’autres, beaucoup d’autres, qui nous enrobent de bonheur. Il y a cette grande peinture qui attire mon regard, et c’est aussi une pièce des Nymphéas, un peu plus abstraite et un peu plus colorée. On dirait presque un brouillon de toile, quelque chose d’inachevé, mais dont les mouvements sont tellement précis qu’il nous suffit d’utiliser un peu notre imagination pour découvrir des nénuphars. Vous les voyez ?

nympheas-1917-1919

Et on voit aussi des peupliers, et encore des peupliers, mais jamais les mêmes. On entend presque le vent chatouiller leurs feuilles, ou le soleil les éblouir dans le reflet de l’eau. La visite est alors presque terminée, mais toutes ces couleurs se sont glissées sous nos paupières et on les garde là un certain temps, bien au chaud. On n’a plus qu’à fermer les yeux pour y retourner.

Monet, c’est tous les jours, mais les autres impressionnistes, vite ! C’est jusqu’au 6 juillet.

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C’est hyperbate!

 J’hésite toujours à employer des termes d’analyse littéraire un peu barbares quand je décris les citations : l’équilibre n’est pas aisé à trouver entre la simplicité qui rend la lecture agréable et une certaine technicité qui permet d’être précis et concis. Je me suis parfois cassé la tête sur un tout petit bout de phrase pour savoir comment décrire son intérêt sans verbiage tout en évitant la description fastidieuse. Je dois dire que Flaubert ne m’a pas rendu la tâche facile ! Cette petite introduction vous aura fait percevoir à quel point je suis prévenante et attentionnée, n’est-ce pas ? C’est tant mieux parce que je suis fourbe aussi ! Je me suis dit que je pouvais très discrètement et subtilement instiller quelques figures de style parmi mes mots dans tous les sens et sans direction complètement orientés.

 Notre premier invité est donc une « hyperbate ». Un peu d’étymologie ne fait jamais de mal : le préfixe « hyper » vient du grec « huper » qui signifie au-delà et « bate » est une forme du verbe « bainein » qui veut dire « marcher ». En bref, l’hyperbate ne sait pas s’arrêter et des fragments de phrases sont ajoutés de manière inhabituelle afin d’être mis en valeur. Le prolongement de la phrase ou d’une proposition qui semblait terminée peut se faire de plusieurs façons :

1. Un élément existant de la phrase est déplacé, le plus souvent à la fin, et l’ordre grammatical est rendu illogique.
Combien en voyons-nous se laisser pas à pas
Ravir jusqu’aux faveurs dernières,
Qui dans l’abord ne croyaient pas
Pouvoir accorder les premières ?
La Fontaine, Les Contes
La partie soulignée devrait logiquement se trouver après « combien ».

Cette construction est différente des simples inversions de compléments que l’on trouve fréquemment chez Racine.
De son généreux sang la trace nous conduit,
Les rochers en sont teints, les ronces dégouttantes
Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.
Phèdre, V, 6

2. Un élément nouveau est ajouté à la fin, logique du point de vue du sens mais incorrect du point de vue grammatical.
On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années
Et toujours en été.
Nino Ferrer, Le Sud

Cette figure est différente des simples ajouts qui ne rompent pas avec la correction et qu’on appelle épiphrases (du latin cette fois, avec le préfixe « épi » : « sur »). Mais, si vous aimez les polémiques, sachez qu’il existe des tonnes d’exemples qui chatouillent l’orthodoxie de l’hyperbate :
– les ajouts de propositions sous forme de phrases complètes. Je vous donnerai un exemple plus tard. Ou pas.
– les déplacements de type inversions de syntagmes. Dans une certaine trilogie de science-fiction, des exemples à foison vous trouverez.
– les ajouts produisant une rupture dans un syntagme, appelés « tmèses » par ailleurs. Les exemples (pouvant provenir de copies catastrophiques que le prof a envie de jeter avant d’en avoir terminé la lecture parce qu’il s’est à moitié endormi et qu’il sait qu’il va devoir relire le devoir intégralement pour comprendre ce que l’élève a tenté de dire -ou de penser – et qui lui vaudra quoi qu’il en soit une mauvaise note) sont légion.

Malheureusement pour vous, le colloque Inverser, ajouter : formes et enjeux de l’hyperbate s’est tenu à l’ENS en juin 2010 et je ne sais pas s’ils ont prévu une tournée internationale… Je plaisante mais je dois admettre que j’aurais bien aimé y assister !

 Je ne sais pas si vous aurez l’occasion de placer hyperbate au quotidien dans vos conversations mais je vous le conseille car c’est un joli mot. Au pire, on peut essayer de lui donner un nouveau souffle et d’en faire un adjectif tendance : je trouverais ça plutôt hyper-ok, hyper-bath voire hyper-in…

Let’s Dance to Joy Division (The Wombats)

Quoi de plus naturel, en interlude au récit de nos vacances en Australie sur Memesprit.fr, que de vous parler des wombats ?

Des bébés wombats : sont-y pas choupi ? *_*

Le wombat, marsupial herbivore, est en effet originaire d’Australie. Avant d’en avoir vu en images, j’avais supposé que le wombat appartenait à la famille des chauve-souris (vu le « -bat », traduction anglaise de « chauve-souris »), alors qu’en fait pas du tout : d’apparence, ils se rapprochent plutôt de petits oursons, croisés avec des blaireaux (les premiers colons les appelaient d’ailleurs à tort « blaireaux », et plusieurs localités australiennes se sont ainsi vues baptiser « Badger Creek », ou « Badger Corner » par exemple, en croyant faire référence à cette bestiole mal connue). Pour ceux d’entre vous qui voudraient en apprendre davantage sur la bête, je suis à peu près certain que SSAFT publiera un article funky sur les wombats dès que Pierre aura retrouvé le temps d’écrire sa série de billets sur l’Australie.

Les wombats faisaient naturellement partie des animaux que nous espérions voir « en vrai » lors de notre séjour, d’une part parce qu’il n’y a qu’en Australie que c’est possible, d’autre part parce que la bête promettait d’être choupie (voir l’illustration en ouverture d’article, trouvée sur le Net). Nous n’aurons malheureusement pas eu la chance d’en rencontrer en liberté, dans la nature (encore qu’il semble que les wombats puissent se montrer plus dangereux que leur apparence débonnaire peut le laisser imaginer a priori), mais seulement au zoo de Cairns et… bon, disons que la captivité n’a pas trop l’air de leur réussir, quoi (voir la photo ci-dessous, prise par Marion).

Un wombat du zoo de Cairns… qui ressemblait plus à une sorte de gros caca amorphe et plus si mignon. Moralité : il ne faut pas mettre les wombats en captivité.

Je digresse, je digresse, mais vous aurez probablement deviné que, les wombats australiens ne chantant pas encore, ce n’était pas de ces wombats-là que je proposais de vous parler aujourd’hui. Les Wombats de la Chanson de la Semaine ont en fait plutôt l’accent anglais -de Liverpool plus exactement- et ils forment un efficace power trio (basse-guitare-batterie) pop-rock.

The Wombats, le groupe

Let’s Dance to Joy Division n’est pas leur premier ni leur dernier single, ce n’est (à ma grande surprise) pas non plus celui qui a le mieux marché, et il commence à dater un peu (il est sorti en octobre 2007, peu avant la sortie de leur premier album The Wombats Proudly Present : A Guide to Love, Loss and Desperation). Au moment où la chanson passait sur les radios, je n’avais pas trop accroché, et je pense que c’était en partie dû au fait que je trouvais un peu facile l’utilisation du nom d’un groupe connu et que j’apprécie particulièrement –Joy Division, donc : un peu comme lorsqu’un artiste recourt à des reprises détournées pour se faire connaître du grand public, j’y voyais une ruse marketing dévaluant l’œuvre elle-même.

Il aura fallu plusieurs années, et l’opportunité offerte par Stoeffler de découvrir l’album entier lorsqu’il me l’a prêté et recommandé, pour que j’écoute réellement la musique des Wombats. Et en fait, Let’s Dance to Joy Division revient depuis régulièrement comme « chanson du moment » dans ma playlist, que je me mets à jouer tous les jours ou presque, parfois plusieurs fois par jour, parce qu’elle correspond à mon état d’esprit du moment ou à celui dans lequel j’aspire à me trouver.

Petite pépite sautillante, cette chanson a en effet tout ce qu’il faut pour mettre des fourmis dans les jambes, et donner envie de secouer la tête en rythme en agitant ses petits bras. Let’s Dance to Joy Division a d’ailleurs gagné en 2008 un NME Award du « Best Dancefloor Filler » (« meilleur remplisseur de pistes de danse »), récompense particulièrement appropriée pour le coup.
Le ton électrisant est donné dès l’intro, avec ce riff à contretemps auquel la basse vient donner la réplique après un chœur enthousiaste de « woo! ». Sur les couplets, c’est le phrasé de Matthew Murphy qui impulse le rythme tandis que les instruments passent en retrait pour le laisser raconter son histoire… le temps d’arriver au refrain où tout le monde se déchaîne à nouveau.
Astucieusement construite (à la différence de 90% des morceaux pop qui se contentent d’être des boucles « couplet-refrain »x3), la chanson alterne ainsi des phases de défoulement au tempo accéléré, avec des phases plus lentes et plus calmes, reflétant ainsi à la fois le contraste des paroles qui nous invitent à danser sur la musique globalement assez désespérée du groupe anglais Joy Division, et la cyclothymie de son chanteur suicidé, Ian Curtis.
Assez parlé, levez-vous et lancez la vidéo, je vous laisse l’écouter et danser, avant de vous raconter ce dont ça parle.

Les paroles originales :

I’m back in Liverpool,
And everything seems the same,
But I worked something out last night,
That changed this little boy’s brain,
A small piece of advice,
That took twenty-two years in the making,
I will break it for you now,
Please learn from my mistakes,
Please learn from my mistakes.

Let’s dance to Joy Division,
And celebrate the irony,
Everything is going wrong,
But we’re so happy,
Let’s dance to Joy Division,
And raise our glass to the ceiling,
‘Cos this could all go so wrong,
But we’re so happy,
Yeah we’re so happy.

So if you’re ever feeling down,
Grab your purse and take a taxi,
To the darker side of town,
That’s where we’ll be,
And we will wait for you and lead you through the dancefloor,
Up to the DJ booth,
You know what to ask for,
You know what to ask for.

You’ll ask for Joy Division,
And celebrate the irony,
Everything is going wrong,
But we’re so happy,
Let’s dance to Joy Division,
And raise our glass to the ceiling,
‘Cos this could all go so wrong,
But we’re so happy,
Yeah we’re So happy.

So let the love tear us apart,
I’ve found the cure for a broken heart,
Let it tear us apart,
let the love tear us apart,
I’ve found the cure for a broken heart,
Let it tear us apart,
(Let it tear us apart)
So let the love tear us apart,
I’ve found the cure for a broken heart,
Let it tear us apart,
(Let it tear us apart)
So let the love tear us apart,
I’ve found the cure for a broken heart,
Let it tear us apart,
Let it tear us apart,
Let it tear us apart.

Let’s dance to Joy Division,
And celebrate the irony,
Everything is going wrong,
But we’re so happy,
Let’s dance to Joy Division,
And raise our glass to the ceiling,
‘Cos this could all go so wrong,
But we’re so happy,
Yeah we’re so happy,
So happy,
Yeah we’re so happy,
So happy,
Yeah we’re so happy.

Le pont -ou le troisième couplet si vous voulez (« Let the love tear us apart »)- fait évidemment référence au tube de Joy Division, Love Will Tear Us Apart, mais j’y vois aussi un clin d’œil au groupe anglais The Cure (« I’ve found a cure »), dont la musique navigue dans les mêmes eaux que celles de Joy Division, et dont le chanteur Robert Smith (je parle du Robert Smith des premières années) a probablement inspiré le look -en moins triste et plus décalé- de Matthew Murphy.

Robert Smith, jeune. La ressemblance physique de Matthew Murphy est assez évidente à mes yeux

Pour les non-anglophones, voici une traduction rapide pour vous permettre de comprendre de quoi ça parle :

Je suis de retour à Liverpool,
Et rien n’a l’air d’avoir changé,
Mais j’ai pensé à quelque chose hier soir,
Qui a transformé mes idées d’enfant.
Une petite suggestion,
Que j’ai mis 22 ans à élaborer,
Je vais vous en faire part maintenant,
Apprenez de mes erreurs,
Apprenez de mes erreurs.

Dansons sur Joy Division,
Et fêtons l’ironie :
Tout va de travers,
Mais on est si heureux !
Dansons sur Joy Division,
Et levons nos verres vers le plafond,
Parce que tout pourrait aller si mal,
Mais nous sommes si heureux,
Ouais on est si heureux.

Alors si jamais tu te sens démoralisé,
Prends ton sac et monte dans un taxi,
Direction les quartiers les plus sinistres de la ville,
C’est là que nous, on sera,
Et on t’attendra, et on te fera traverser la piste de danse,
Jusqu’au DJ,
Tu sais ce qu’il faudra demander,
Tu sais ce qu’il faudra demander.

Tu demanderas du Joy Division,
Et on pourra rire de l’ironie :
Tout va de travers,
Mais on est si heureux !
Dansons sur Joy Division,
Et levons nos verres vers le plafond,
Parce que tout pourrait aller si mal,
Mais nous sommes si heureux,
Ouais on est si heureux.

Alors laissons l’amour nous déchirer,
J’ai trouvé le remède aux cœurs brisés,
Laissons-le nous déchirer.
Alors laissons l’amour nous déchirer,
J’ai trouvé le remède aux cœurs brisés,
Laissons-le nous déchirer,
Laissons-le nous déchirer.
Alors laissons l’amour nous déchirer,

J’ai trouvé le remède aux cœurs brisés,
Laissons-le nous déchirer,
Laissons-le nous déchirer,
Alors laissons l’amour nous déchirer,
J’ai trouvé le remède aux cœurs brisés,
Laissons-le nous déchirer,
Laissons-le nous déchirer,
Laissons-le nous déchirer.

Dansons sur Joy Division,
Et fêtons l’ironie :
Tout va de travers,
Mais on est si heureux !
Dansons sur Joy Division,
Et levons nos verres vers le plafond,
Parce que tout pourrait aller si mal,
Mais nous sommes si heureux,
Ouais on est si heureux.
Si heureux,

Ouais on est si heureux.
Si heureux,
Ouais on est si heureux.

A Guide to Love, Loss, and Desperation – Très bon album

Si ce morceau vous a plu, je vous recommande chaudement le reste de ce très bon premier album dont au moins la moitié est dans la même veine énergique, dansante, et amusante que Let’s Dance to Joy Division ; leur deuxième album This Modern Glitch a malheureusement perdu toutes ces qualités en échangeant ses sonorités rock pour des tonalités plus électro-80’s, mais je garde confiance pour le troisième album des Wombats, qui devrait sortir courant 2014.

Ça m’intrigue…

Et ça me fâche aussi! Chaque année, une flopée de mots est accueillie en grande pompe dans les dictionnaires Larousse et Petit Robert. Les journaux télévisés et quotidiens gratuits trouvent dans ce petit rituel l’occasion de rédiger un article facile accompagné de sondages et enquêtes publics à peine réchauffés, et pendant quelques jours, on substitue aux conversations sur la pluie et le beau temps de petites polémiques sur le vocabulaire. Bien entendu, je ne boude pas l’intérêt, aussi soudain que ponctuel, porté aux mots nouveaux mais je regrette l’incidencetrès limitée et l’absence de logique qui entourent cet événement. Inutile de s’arracher les cheveux ni de crier victoire si une « bombasse », un « chelou » ou un « kéké » ont leur moment de gloire ! Restons philosophes, leur attribuer une définition claire et une orthographe précise est bien utile tant que ces mots sont usités et ces énergumènes dans le paysage.

En revanche, je serais bien d’avis de me rouler par terre parce que l’adjectif « intrigant », tel qu’il est employé depuis des décennies au moins, n’existe toujours pas. Oui, mesdames et messieurs, vous pouvez malheureusement rencontrer des personnes intrigantes que je vous conseille de compter parmi vos amis car ils excellent dans l’art de la ruse, de la manigance, mais vous ne ferez pas l’heureuse connaissance de gens intrigants qui vous étonnent, surprennent et éveillent votre curiosité. Ni Le Larousse ni Le Robert ne vous y invitent et ne proposent cette deuxième définition pourtant courante. Cependant, les deux significations sont bien données pour le verbe « intriguer » : avoir recourt à l’intrigue, aventure amoureuse ou stratagème, ou bien exciter la curiosité.

Plus surprenant encore, Le Robert historique de la langue française mentionne, lui, cet usage commun de l’adjectif « intrigant » qu’il date du XXème siècle et qualifie de littéraire. C’est assez cocasse si l’on pense que quasiment personne n’utilise la première acception qui me semble réservée à un niveau de langue soutenu. Complètement incroyable enfin, Le Robert signale pour second sens « mystérieux », « bizarre », qui viendrait du Canada. Et voilà. Intrigant ? Non. Enervant, agaçant, crispant.